Prime MPR : une prime pour récompenser l’incorporation de plastique recyclé dans les emballages professionnels dès 2027
À partir de 2027, les emballages professionnels mis à disposition en France pourront bénéficier d'une prime tarifaire s'ils incorporent de la matière plastique recyclée (MPR). Un dispositif qui récompense l'écoconception, mais qui repose sur des critères précis de traçabilité et de certification. Voici ce qu'il faut en comprendre dès aujourd'hui.
Une prime pour encourager l’incorporation de plastique recyclé
Intégrer du plastique recyclé dans la fabrication d’un emballage est un levier majeur d’écoconception pour réduire son impact environnemental. Pour encourager cette pratique, une prime tarifaire (ou éco-modulation) s’appliquera aux emballages professionnels mis à disposition en France en 2027, pour récompenser les emballages contenant de la matière plastique recyclée post-consommation.
Le principe est simple : si un emballage contient de la matière plastique recyclée post-consommation répondant aux critères fixés, alors il peut bénéficier d’une prime dont le montant varie de 450 € à 550 € la tonne selon la boucle de recyclage concernée.
Aucun seuil minimal d’incorporation n’est requis pour bénéficier de la prime.
Le montant alloué dépend en revanche de l’origine de la matière recyclée, de la boucle de recyclage dans laquelle elle s’inscrit et du taux précis d’incorporation.
Comment est financée la prime MPR ?
La prime MPR est financée par les écocontributions plastiques versées par les producteurs. Les producteurs pourront compenser cette hausse de leur contribution en augmentant la part de matière plastique recyclée incorporée dans leurs emballages.
Quels sont les critères d’éligibilité à la prime MPR ?
Pour être éligible, la matière doit d’abord être issue de déchets post-consommation, c’est-à-dire de déchets générés après l’utilisation finale d’un produit. Cette appellation est encadrée par la norme ISO 14021. Les déchets pré-consommation, c’est-à-dire générés lors du processus de fabrication ou de production, avant d’atteindre l’utilisateur final, ne sont pas éligibles.
S’ajoute à cela un critère de proximité géographique, qui porte sur trois étapes de la chaîne de valeur :
la collecte et/ou le tri du déchet post-consommation, le recyclage de ce déchet, l’incorporation de la matière recyclée dans la fabrication d’un nouvel emballage.
Ces trois étapes doivent obligatoirement se dérouler dans un rayon de 1 500 km autour de Montluçon (barycentre de la France métropolitaine). Elles doivent également être réalisées soit dans un pays membre de l’Union européenne, soit dans un pays reconnu conforme par l’arrêté du 5 septembre 2025 (Royaume-Uni, Suisse et Norvège). Une souplesse est admise pour la phase de collecte/tri concernant les pays situés partiellement dans ce périmètre (ex. Pologne, Roumanie, Suède). Pour les territoires d’outre-mer, le principe de proximité s’apprécie depuis l’Hexagone ou depuis le barycentre du territoire concerné.
Autre condition : la matière issue d’un procédé de recyclage dont le rendement massique est inférieur à 50% n’est pas éligible à la prime. Des discussions sont par ailleurs encore en cours pour préciser certaines modalités de calcul, notamment pour le recyclage chimique.
– Matière issue de déchets post-consommation – Critère de proximité géographique – Matière issue d’un procédé de recyclage dont le rendement massique est inférieur à 50% n’est pas éligible
Recyclage mécanique, recyclage chimique : la traçabilité au cœur du dispositif
La matière issue du recyclage chimique est éligible au même titre que celle provenant du recyclage mécanique, sous réserve du respect des critères et justificatifs requis.
Dans tous les cas, les entreprises doivent prouver l’origine et le parcours de la matière via une certification du fabricant d’emballages (ou transformateur), validée par une tierce partie et conforme à la norme EN 15343 :
Pour le recyclage mécanique : les certifications harmonisées par Polycert Europe (comme la certification LNE/IPC et sa partie 3 dédiée à la REP emballages professionnels) ou la certification RecyClass « Recycled Plastic Traceability » sont reconnues. Pour le recyclage chimique : la certification de référence est l’ISCC+ (en cours d’adaptation aux exigences européennes). Le fabricant doit également garantir la conformité à l’acte d’exécution de la directive SUP (UE) 2019/904.
De même, dans les deux cas, les informations sur l’amont de la chaîne (origine géographique, filière d’origine, distinction dès le départ entre pré- et post-consommation) issues des certifications des recycleurs doivent être auditées, intégrées à la certification du fabricant et apparaître dans les documents publics.
À noter, pour les emballages destinés au contact alimentaire ou sensibles, une certification EFSA doit être fournie ou, a minima, la preuve d’une autorisation préalable de « Novel Technology » (règlement UE 2022/1616, art. 32).
Le saviez-vous ?
Les clients CITEO PRO pourront bénéficier de la prime dès la déclaration provisionnelle 2027.
L’ensemble des justificatifs seront à déposer dans l’Espace Client lors de la déclaration.
Quel est le montant de la prime ?
Le montant varie selon la provenance de la matière et la destination de l’emballage :
450€/t
Pour les boucles ouvertes : la matière recyclée incorporée provient d’une autre filière que celle des emballages professionnels.
550€/t
Pour les boucles fermées : la matière provient d’un déchet d’emballage professionnel réemployé pour fabriquer un nouvel emballage professionnel.
550€/t
Pour les emballages sensibles au contact : la prime concerne l’incorporation de résines plastiques considérées comme difficilement recyclables pour ces usages. Sont éligibles les emballages incorporant des matières recyclées issues de déchets de PET clair (à l’exclusion des bouteilles pour boissons), de PET coloré et opaque, de polystyrène (hors PSE), de polypropylène (PP), de PEHD et de PEBD. Ce montant passera à 1 000 € / tonne en 2028.
Comment est calculée la prime MPR ?
Le montant alloué est calculé au prorata du taux de plastique recyclé éligible incorporé, arrondi à la décimale inférieure (ex. : un taux de 12,53 % sera retenu à 12,5 %).
Exemple fictif d’application de la prime sur la base du tarif 2026 (non applicable) :
Une caisse palette en PEHD de 8 kg, 1000 unités sont mises à disposition.
Le tarif 2026 étant à 21,79ct/kg, la contribution est donc à 1 743,20€.
Si la caisse contient 20% de matière recyclée post-consommation conforme aux critères, soit 1,6 kg de matière recyclée éligible, alors la contribution passe de 1 743,20€ à 863,20 €.
Cet exemple est fictif, basé sur les tarifs 2026 et volontairement simplifié à des fins d’illustration.
Anticiper dès maintenant les échanges avec vos fournisseurs
L’accès à cette éco-modulation repose sur la capacité à documenter précisément la chaîne d’approvisionnement. Les certifications requises demandant un délai d’obtention, il est fortement conseillé de contacter dès à présent vos fournisseurs afin qu’ils puissent anticiper et planifier leurs audits de certification.
Pour approfondir les différents points de ce dispositif, la FAQ des pouvoirs publics sur la prime à l’incorporation de matière plastique recyclée apporte des précisions complémentaires.
Pour aller plus loin
Webinaire – Prime MPR, quelles opportunités pour vos emballages professionnels ?
Films de palettisation, bidons ou fûts… ces emballages pourront être concernés dès 2027. Les règles d’éligibilité fixées par les pouvoirs publics sont déjà connues et nous vous proposons de les décrypter ensemble pour anticiper les démarches nécessaires au sein de vos chaines d’approvisionnement.
Retrouvez les explications dans le replay de notre webinaire dédié.

