Acteurs du réemploi : ce que la REP EPRO va changer

Le réemploi des emballages professionnels est déjà une réalité. La REP EPRO vient structurer et amplifier cette dynamique autour d'un double objectif : consolider les performances actuelles, et atteindre les 10 % fixés par la loi AGEC d'ici 2027. Obligations, soutiens, rôle dans la filière : voici ce que la nouvelle REP change pour les acteurs du réemploi.

Close-up of a man carrying a plastic crate with cans in a beer factory

Qui sont les acteurs du réemploi des emballages professionnels ?

On entend par acteurs du réemploi toute entité qui interagit avec des emballages réemployables à un stade ou un autre de la chaîne de valeur. Par exemple dans l’écosystème de la REP EPRO, ces acteurs peuvent être : fabricants d’emballages réemployables, opérateurs de lavage, apporteurs de solution de traçabilité, industriels et poolers ou encore opérateurs de collecte pour réemploi.

Il arrive souvent qu’un acteur du réemploi ait plusieurs rôles. Il est metteur en marché lorsqu’il met en circulation des emballages réemployables neufs au même titre que des emballages réemployés. Il devient également détenteur de déchets d’emballages professionnels dès lors qu’il utilise du film plastique ou manipule des palettes en tant que déchets.

En savoir plus

Comprendre la REP

Je me renseigne sur la filière emballages professionnels

Un marché déjà mature et de réelles marges de progression

Le réemploi des emballages professionnels atteint déjà un taux de 7,7% selon l’ADEME, porté par des avantages économiques et environnementaux :

Un gain environnemental : le réemploi limite la production de déchets. Pour autant, selon les boucles de réemploi, le poids de l’emballage, du lavage et de la fréquence de rotation, la réduction de l’empreinte carbone n’est pas systématique. Le bénéfice environnemental sera réel à condition que les boucles soient bien maîtrisées.

Une valeur économique durable : l’emballage réemployable peut maintenir sa valeur dans le temps à l’inverse d’un emballage à usage unique, jeté immédiatement.

Une meilleure protection du produit : un emballage conçu pour plusieurs rotations est par nature plus robuste qu’un emballage à usage unique. Les caisses plastiques réemployables, par exemple, peuvent s’empiler sans que ce soit le produit qui porte la charge, contrairement aux cartons qui s’affaissent en entrepôt et peuvent provoquer des casses.

Les chiffres clés

7,7%
de réemploi effectif selon l’étude de préfiguration de l’ADEME

10,7 millions
de tonnes d’emballages réemployables sur 17 M de tonnes d’emballages professionnels mis en marché

Boucle ouverte vs boucle fermée : des modèles de réemploi adaptés en fonction de la réalité des flux.

Pour comprendre où le réemploi fonctionne, il faut s’intéresser aux circuits en boucle fermée et boucle ouverte.

Les boucles fermées : l’emballage circule entre un client et un fournisseur, ou au sein d’une même entreprise. C’est le cas par exemple d’un IBC (Intermediate Bulk Container,  en français GRV pour Grand Récipient Vrac) d’huile industrielle livré chez un client, récupéré vide au retour. Le lieu de consommation est le lieu de livraison, le circuit est simple à maîtriser.

Les boucles ouvertes : la chaîne implique plusieurs acteurs (producteur, transformateur, entrepôts, points de vente) par lesquels l’emballage transite. C’est le cas de la palette Europe qui change régulièrement de propriétaire.

Consolider la performance actuelle et accélérer le réemploi avec la REP EPRO

La REP EPRO vise à capitaliser sur les dynamiques déjà opérationnelles, tout en accélérant le déploiement du réemploi sur les segments présentant encore un potentiel de développement.

Tendre vers un rééquilibrage économique

La REP EPRO modifie l’équilibre économique entre usage unique et réemploi. Les contributions et éco-modulations dues par les metteurs en marché s’appliquent à chaque emballage mis en circulation. Pour un emballage réemployable, cette contribution ne s’applique qu’à la première mise en marché et sera bonifiée, car le réemploi diminue mécaniquement les déchets. Aussi, les contributions collectées par l’éco organisme serviront principalement à financer les 3R (réduction, réemploi et recyclage).

Identifier son rôle dans la nouvelle filière

Si la REP n’ajoute pas de charge réglementaire majeure pour les opérateurs du réemploi, elle implique de bien identifier son rôle :

En tant qu’opérateur du réemploi des emballages professionnels : tracer et s’assurer d’avoir une bonne connaissance des emballages effectivement réemployés pour pouvoir prétendre à des soutiens liés à la traçabilité

En tant que producteur d’emballages professionnels : déclarer les emballages réemployables mis sur le marché et s’acquitter de l’éco-contribution correspondante.

En tant que détenteur de déchets d’emballages professionnels :  bénéficier de soutiens via votre opérateur au titre des déchets d’emballages que vous détenez.

Accorder des soutiens financiers pour :

Mieux connaître le réemploi existant.

Aujourd’hui, même les acteurs les plus engagés ne savent pas précisément combien de rotations leurs emballages ont effectuées. Ces soutiens visent à combler ce manque.

  • Soutiens à la traçabilité : versés à ceux qui sont capables de documenter le réemploi de leurs emballages professionnels. L’objectif est d’avoir une photographie fiable du réemploi existant.
  • Soutiens à la collecte pour réemploi : chaque rotation d’un emballage réemployable bac GN ou fût donnera lieu à un soutien financier. Si l’incitation financière peut paraître modeste, certains acteurs peuvent toutefois bénéficier d’effets d’échelle considérables.

Cibler les points de réemploi additionnels nécessaires.

Deux leviers sont activés pour atteindre l’objectif des 10% fixé par la loi AGEC en 2027 :

  • Le financement de projets de réemploi : R&D, changement de lignes de conditionnement, achat de parcs d’emballages réemployables… Condition : le projet doit présenter un gain de performance mesurable en termes d’unités réemployées. Il ne s’agit pas de financer ce qui fonctionne déjà, mais d’ouvrir de nouveaux territoires au réemploi.
  • La standardisation des emballages réemployables : créer des parcs d’emballages mutualisés et interopérables entre acteurs d’une même filière. Lorsque les acteurs partagent un même référentiel d’emballages, chacun peut réutiliser localement les emballages disponibles, réduisant ainsi les coûts logistiques et de lavage liés aux retours sur de longues distances. C’est le levier clé pour rendre le réemploi compétitif sur les boucles longues.

CITEO PRO, partenaire des acteurs du réemploi

CITEO PRO souhaite agir auprès des acteurs du réemploi comme un partenaire de construction de filière : outiller, informer, co-construire. Au-delà des soutiens issus du cadre réglementaire, CITEO PRO déploie des dispositifs complémentaires (webinaires, appels à projets, accompagnements spécifiques) pour accompagner la montée en performance de la filière.

Le réemploi des emballages professionnels dispose déjà d’une base solide sur laquelle construire. La REP EPRO nous offre un cadre pour la structurer et l’amplifier durablement.

Webinaire

Accélerer le réemploi des emballages professionnels

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