Réemploi : comment Compass accélère sa transition
Face aux nouvelles obligations réglementaires, la restauration collective accélère sa transition des emballages uniques vers les emballages réemployables. Aude Valade, référente RSE au sein du groupe Compass, revient sur les transformations engagées au sein de son entreprise, et le rôle d’accompagnement de Citeo Pro.
Pouvez-vous nous présenter le groupe Compass et vos enjeux actuels ?
Aude Valade – Le groupe Compass est un acteur mondial de la restauration sous contrat. En France, nous opérons dans la restauration collective à vocation sociale, dans les secteurs de l’entreprise, de la santé et de l’enseignement. Cela représente près de 245 millions de repas produits chaque année.
Aujourd’hui, nous sommes engagés dans un certain nombre de transitions, notamment sous l’impulsion des lois AGEC et EGALIM.
La loi EGALIM a interdit l’utilisation de contenants plastiques pour certaines populations et pour des étapes comme la cuisson, la remise en température et le service, notamment pour un enjeu de santé. Cela nous a conduit à faire évoluer en profondeur notre modèle, en sortant de la barquette plastique à usage unique, qui était jusqu’alors la norme, pour aller vers des solutions réemployables. C’est une transformation lourde, à la fois opérationnelle et logistique.
Dans un contexte économique contraint, comment avez-vous abordé la mise en conformité avec la REP ?
AV – La restauration collective est un secteur où tout se joue au centime près, et où chaque nouvelle contrainte doit s’intégrer dans une équation économique très serrée.
Avec l’arrivée de la REP des emballages de la restauration, nous avons fait le choix d’adhérer à Citeo Pro en 2024, en tant que metteur en circulation d’emballages. Cela impliquait de déclarer nos emballages, et d’éco-contribuer en conséquence, mais cela était nécessaire pour répondre aux exigences réglementaires. Surtout, cela nous a permis d’activer plusieurs dispositifs qui ont conforté et accéléré une dynamique de transition que nous avions déjà engagée.
Quels dispositifs avez-vous activés concrètement ?
AV – Nous avons travaillé sur deux leviers principaux.
D’abord, le soutien aux boucles de réemploi pour les repas livrés en restauration satellite. Cela implique de tracer précisément nos flux entre nos cuisines centrales et satellites, pour être éligible aux soutiens financiers.
Ensuite, nous avons répondu à l’appel à projet EncoRE plus de réemploi pour financer des investissements. En 2024, nous avons déposé 6 candidatures pour adapter nos infrastructures : zones de lavage, stockage, conditionnement, etc. Contrairement à l’usage unique, le réemploi nécessite toute une chaîne logistique à repenser.
Quel regard portez-vous sur cette transition aujourd’hui ?
AV – C’est une transformation exigeante, avec des investissements conséquents. Mais les soutiens financiers ont été déterminants pour accélérer la dynamique que nous avions engagée. Cette contrainte réglementaire a été finalement une opportunité pour repenser nos modèles de manière plus durable.
Un mot sur l’accompagnement de Citeo Pro ?
AV – Il a été essentiel. Les équipes nous ont guidés pas à pas, aussi bien sur la compréhension des obligations que sur la mise en œuvre opérationnelle des dispositifs.
Cet accompagnement très concret nous a permis de nous approprier rapidement les enjeux et d’avancer plus efficacement.
Par exemple, notre situation était assez spécifique, car nous étions concernés à la fois par la REP des emballages ménagers et celle de la restauration. Cet accompagnement pas à pas nous a permis de bien comprendre nos obligations et de les intégrer progressivement.

